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Le mot du Maire
Bonne année 2024 à chacune et chacun d’entre vous
L’inflation renchérit le coût des matières premières et les dépenses nécessaires des municipalités explosent depuis plus d’un an. Il est une autre inflation qui pèse sur les budgets locaux, ralentit et entrave la réalisation des projets portés par les élus, celle des normes produites par l’administration centrale. Violence contre les élus, recentralisation, émeutes, nationalisation des impôts locaux, incivisme. Les attaques se multiplient contre les communes et se faisant, menacent la République.
L’Etat doit sortir de la matrice re centralisatrice, remplacer la bureaucratie par la démocratie locale, se libérer de la surcharge technocratique et libérer ainsi les fonctionnaires d’Etat qui pourraient être mis sur le terrain et accompagner les communes et les intercommunalités.
Ce qu’attendent avant tout les maires, c’est la « nécessaire relance de la décentralisation » ! La place du mandat municipal dans la vie civique locale semble connaître un reflux inquiétant. La crise des vocations des élus municipaux s’aggrave : démissions des maires (1078) et des conseillers municipaux (29 214).
Cette crise s’accélère par rapport au mandat 2014-2020 et les maires partagent un vif pessimisme quant à l’avenir des communes. La loi « climat et résilience » votée en 2021 a créé le dispositif de zéro artificialisation nette (Z.A.N.) qui impose de réduire de moitié le rythme d’artificialisation des sols en dix ans avec un objectif radical de zéro artificialisation en 2050.
Les terres artificialisées sont trois fois moins importantes dans les Hautes-Pyrénées que dans la moyenne nationale. L’artificialisation se pratique surtout dans les métropoles et les villes, pas dans les territoires ruraux. En tout état de cause, les communes rurales doivent bénéficier d’un traitement différencié car, pour ces communes, non seulement le Z.A.N. n’a pas de sens, mais en plus il sera dévastateur.
Ce qui sauve le monde rural, c’est la commune. Les paysans sont moins nombreux et c’est un drame, ça change la campagne. Mais ce qui maintient sa typicité et ce qui en fait encore un monde à taille humaine, c’est le village. C’est ça qui séduit le citadin.
Aujourd’hui, la condition d’exercice des maires est devenue plus difficile. Cette fonction s’est complexifiée, car le maire, fait face à une population exigeante. Pourtant, personne ne connaît mieux les problèmes de la commune. Il n’y a aucun doute là-dessus. Il y a une forme de résistance dans la commune qui sauve la France de la déshumanisation.
Dès que vous prenez de l’ampleur, que vous allez vers le « toujours plus grand, toujours plus gros », vous éloignez le citoyen du centre de décision. La commune, c’est l’école de la Démocratie !
Malgré deux guerres à nos portes, qui toutes les deux questionnent autant nos valeurs démocratiques que notre conception de l’homme et de ses droits, l’espoir aussi s’incarne dans le combat de toutes celles et tous ceux qui luttent pour la liberté et qui ne baissent pas les bras. Derrière ces menaces et ces dangers, il y a aussi l’espoir d’un monde meilleur, solidaire et fraternel.
Bonne année 2024 à chacune et chacun d’entre vous.
Je vous adresse tous mes vœux de bonheur, de santé et de réussite dans vos projets.
Albert BEGUE, Maire


